Culte #4 | La Ford Mustang
Quand les cinéastes américains filment une scène censée se dérouler à Paris, ça ne manque pas : que l’action se situe en 1950 ou dans les années 2000, le ou la Française conduit systématiquement… une Citroen DS. Et on nous épargne rarement les rues pavées. Quel rapport avec le Culte #4 ? Hé bien au niveau iconographique, la Citroen DS est un peu le miroir français de la Ford Mustang. Quelle voiture symbolise mieux qu’elle le rêve américain, le culte de la route (66), du risque et de la vitesse ? La Ford Mustang, born to be wild.
La première Mustang est sortie en 1964. Elle doit son nom au fait qu’elle appartient à la catégorie de ce qu’on appelait les “Pony Car”, ces voitures destinées aux jeunes américains issus du baby-boom, lassés des grosses voitures lourdes et massives. Le but était de produire à moindre frais une voiture légère et sportive, deux portes, quatre places. Pour économiser les coûts, Ford conçoit les premières Mustang sur base de la Falcon, et la dote d’un moteur 6 cylindres en ligne. Toujours dans le but de plaire aux jeunes, Ford propose de nombreuses options pour personnaliser la voiture, le but étant que que chaque Mustang soit unique. (Ce concept vous dit quelque chose ? C’est normal, l’Iphone et son AppStore proposent exactement la même chose). De plus, la carrosserie n’oublie pas de se parer de nombreux chromes, ce qui finit de séduire la jeunesse américaine éprise de liberté.
Depuis, la Mustang est partout et fait rêver sans discontinuer petits et grands depuis 1964. La Mustang, c’est notre amérique à nous comme aurait pu dire Jacques Brel, et ce n’est pas pour rien que Serge Gainsbourg lui consacre une chanson sur son album “Initials B.B.”. On la retrouve aussi en 1968 dans “Bullit” avec Steve Mc Queen, film cultissime qui contient la 1ère poursuite en voiture digne de ce nom. Cette séquence, réalisée avec des angles de vues judicieux et novateurs à l’époque, est longtemps restée inégalée en terme de réalisme. Vous noterez que la musique – de Lalo Schifrin, culte elle aussi – accompagne le début de la séquence puis s’efface pour laisser la part belle au suspense puis au bruits des moteurs, ce qui rend la scène d’autant plus réelle.
Aujourd’hui, le mythe a été ré-édité, re-dessiné comme la Beetle de Volksvagen, la Mini Cooper, ou plus récemment la Dodge Challenger. La nouvelle Ford Mustang a pris de l’aile et du poids tel Elvis Presley sur ses dernières années. On est loin de l’évocation du petit cheval sauvage et trapu qui vit dans l’Ouest américain, et dont le nom d’origine hispano-américiane signifie… vagabond.
Sources : Wikipedia, et plein de sites comme celui-ci.
Vincent Laserson






