
Sylvia Toth photographiée par Cécilia Jauniau
WARMI est une marque Franco Colombienne créée en 2008 par Sylvia Toth. Entre accessoire et vêtement, les collections WARMI sont imaginées comme des séries de compléments ou d’unités qui finissent un vêtement et typent une silhouette. Les collections, principalement en maille de baby alpaga, sont entièrement tricotées main par des femmes tisserandes des villages de Tausa et de Sutatausa en Colombie. Chaque pièce, numérotée et signée par l’artisan qui la réalise, manifeste ainsi d’un travail délicat et soigné lui donnant par là un supplément d’âme, l’aura d’une pièce unique, l’essence d’un objet de valeur. “Warmi, clothing with extra spirit.”
Rencontre avec Sylvia Toth, un petit brin de femme dont le sourire et l’accent vous font fondre sur place.
DJGM : Sylvia, de quelle planète viens-tu ?
Sylvia TOTH : Je pense que je dois venir de Saturne. Comme les trois anneaux qui tournent autour de Saturne, j’ai parfois l’impression de prendre trois chemins différents et complètement opposés pour tourner autour de ma marque ; des chemins parfois contradictoires, parfois complémentaires.
Il y a aussi le côté un peu fou de Saturne : parfois j’ai un peu l’impression de venir d’une autre planète, parfois j’ai du mal à me comprendre (rires). Comme trois anneaux qui tournent autour de quelque chose et qui parfois se retrouvent, parfois ne se retrouvent pas.
De quelle invention aurais-tu aimé être l’inventeur ?
De Apple en général, pour le côté absolument révolutionnaire et essentiel, quelque chose de presque évident en fait. Ce que je trouve génial dans tout le design de la marque, c’est cette idée de gestes, de toucher pour passer, des choses qui sont extrêmement technologiques mais d’une façon très sensuelle, très basique.
Quand j’ai étudié le design, j’aimais bien regarder comment les gens se comportaient, tout ce qui était autour de la sémiologie, de la gestuelle…
Dans Warmi, par exemple, j’essaye de faire des pièces qui ont une utilité, des pièces multi porters que tu découvres au fur et à mesure que tu les utilises. Six mois après, tu te dis : « à ben tiens, c’est comme ça que je dois le porter. »
J’aime aussi Apple pour le côté designer d’objets, qui pour moi me différencie d’un styliste.
Parisienne ou Colombienne ?
Les deux, et là je reviens sur Saturne ! C’est vraiment cette idée des mondes parallèles : quand je suis en Colombie, Paris me manque terriblement et quand je suis ici, j’ai un pied là-bas.
Peux-tu me décrire ta mode, ton style ?
Féminin décalé, je dirais. Féminin – sûr – mais toujours avec quelque chose qui va venir casser le côté trop fini, ou trop petite fille, ou too much.
Puis peut-être aussi avec un côté rond et architecturé à la fois, il y a toujours un truc très straight et un froufrou quelque part. J’aime bien mélanger ces choses-là.
Il y a toujours quelque chose qui va venir casser ou qui va venir surprendre un peu. Ce ne sera jamais du tout fini, il y aura toujours quelque chose qui dérange, en fait.
Warmi, c’est la touche qui va décaler, c’est vraiment le complément de silhouette. Aujourd’hui, j’ai envie d’aller vers un vestiaire, qui sera composé de pièces chaîne et trame plus rigides (un pantalon, une jupe et une veste), un peu plus masculines, qui vont donner du sens à ces pièces qui décalent.