Warmi by Sylvia Toth

(c)Cécilia Jauniau

(c)Cécilia Jauniau - Warmi Collection AH09/10

Quelles sont tes sources d’inspiration en général ?

Je travaille d’une façon très empirique. C’est certainement des choses que je vois dans la rue, des looks que je vais voir mais pas forcément dans des lieux très branchés. Par exemple, des mamies dans le 12ème à Paris : elles sont mortelles, avec leurs chaussures incroyables ; je trouve qu’elles décalent des trucs et qu’elles ont des looks tops.

J’aime beaucoup le cinéma des années 30 aussi, j’ai une grande collection de films, donc j’ai quand même un imaginaire très inspiré des très belles égéries comme Greta Garbo, Marlène Dietrich : des belles féminités, des beautés un peu divines, un peu essentielles. Il y a quelque chose qui me rappelle mes tantes, elles ont toujours été très habillées.

Je regarde aussi beaucoup l’architecture, les textures…

Une musique ?

Casta Diva de Bellini. Sister Saviour de The Rapture.

Un lieu ?

La rue Debelleyme, à Paris.

Un artiste ?

Louise Bourgeois.

Un plat ?

« Puchero ». C’est une soupe typique de Bogota avec des pommes de terre, des légumes, de la viande. C’est un ancien plat indigène, ça un goût très particulier mais c’est très bon, j’adore ça.

Une couleur ?

Papaye.

Peux-tu nous faire un parallèle de la mode entre Bogota et Paris ?

Bogota est un marché jeune mais en pleine évolution, avec des designers indépendants très intéressants comme Olga, Piedrahita ou Pepa Pombo, qui ont une approche très personnelle et expérimentale de la mode.

Paris, c’est un mix de plusieurs styles.

Qu’est-ce que tu pioches dans chaque ville ?

De Bogota, je pioche tout ce qui est bizarre, tout ce qui est très underground, vraiment américain, ainsi que le côté très folklorique, très coloré, très métisse – mais pas ethnique – je pioche plutôt dans le métissage de cultures contemporaines.

De Paris, je pioche les arts, un côté un peu plus institutionnel, un peu plus pointu, mais qui ne serait pas aussi intéressant sans Bogota. Ça me permet de prendre du recul et de casser le côté qui peut être très intellectuel et parfois un peu lisse.

Heureusement, j’ai les deux.