Haut lieu de mécénat, l’historique Villa Noailles accueillait pour la 25ème année consécutive le Festival de Hyères, l’un des plus grands concours internationaux dédié à la mode et à la photographie.
Pendant les quelques jours que dure ce festival, cette petite ville du Midi se voit envahie par une population de professionnels, journalistes, bloggeurs et autres branchés qui ne se fondent définitivement pas dans le paysage, et que les chats alanguis dans l’ombre des ruelles de la vieille ville ne se privent pas de dévisager.
Tout ce monde vient découvrir les créateurs qui ont passé les étapes de l’impitoyable sélection du jury présidé cette année par Dries Van Noten (qui a eu la lourde tâche de succéder à Riccardo Tisci en 2008 et Kris Van Ashe en 2009). On vient également voir et découvrir les photographes sélectionnés, et les artistes invités pour l’occasion.
Le temps d’un week-end, la mode parisienne et internationale se mêle aux Hyérois, et en résulte une ambiance particulière, propre à ce festival. Loin de la froideur qu’impose la confidentialité de certains concours, ici tout est fait pour que les gens se rencontrent et se parlent. Le climat local participe bien sûr à cette ambiance, et même si cette année le temps fût ce que les miss météo qualifient de « mitigé », les Parisiens vivaient malgré tout à Hyères un très agréable avant-goût de vacances d’été.
Se rendre à Hyères, c’est faire un déplacement professionnel avec un tempo de vacances. On y vient à l’affût de la nouveauté comme à une avant-première, mais une avant-première à laquelle on porterait le smoking avec une paire d’espadrilles..
C’est donc dans cet esprit que l’équipe de De Jeunes Gens Modernes s’est rendue sur place au grand complet et a pu rencontrer les créateurs et photographes du cru 2010. La Villa Noailles, construite en 1932 par Robert Mallet-Stevens à la demande du Vicomte de Noailles et de sa femme, offre depuis 25 ans un environnement de choix à des générations de créateurs pour présenter leurs univers et collections.
Le lieu est vaste, géométrique et épuré, et cette année encore, des créateurs venant des quatre coins du globe ont investi la villa. La plupart d’entre eux bénéficient de leur propre espace. Il est toujours intéressant de voir comment un créateur s’approprie un espace, et de constater que certains réussissent mieux que d’autres à mettre en scène et à faire partager leur univers.Cela permet aussi aux spectateurs et au jury de se rappeler l’importance de voir un vêtement porté, habité et en mouvement.
Au-delà des discours, du travail et des démarches, au-delà de cette tendance que les années 90 ont pu avoir à « intellectualiser » la mode, la vocation d’un vêtement est avant tout d’être porté et c’est aussi ce que ce concours récompense.
