Dior Homme | Kris Van Assche Interview

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(c) Willy Vanderperre

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Voilà maintenant quatre ans que Kris Van Assche est le directeur artistique de Dior Homme. Celui qui a eu la lourde tache de succéder a Hedi Slimane à su imposer au fil des saisons sa propre vision de l’homme Dior. Une réussite que l’ancien étudiant d’Anvers a façonné saison après saison, au gré des difficultés inhérentes à un tel poste.  Discret et modeste, l’homme à toujours répondu à la critique par le travail, sa dernière collection n’a d’ailleurs jamais autant fait l’unanimité, ne lui donnant donc que plus de saveur. Mais nous souhaitions profiter de cette interview pour découvrir d’autres facettes de Kris. Au travers de grands thèmes comme les voyages, la musique, ses souvenirs d’enfance ou sa Belgique natale, Kris Van Assche évoque pour De Jeunes Gens Modernes les ingrédients d’une recette qu’il précise et perfectionne saison après saison.

It’s been now 4 years since Kris Van Assche is an artistic director of the house of Dior Homme. The one who had a difficult task to succeed Hedi Slimane has managed to impose his own vision of Dior Homme after a number of seasons. The success that a former student from Antwerpen was  able to achieve season after season while having to deal with difficulties inherent to a position like this. Discreet and modest, this man always responded to his critics by work, his last collection has never received so much unanimity, only giving  him a big favour. But we would like to enjoy this interview to discover other sides of Kris’ personality. With the help of large topics like travels, music, his childhood memories or his native Belgium, Kris Van Assche reveals to De Jeunes Gens Modernes the ingredients of his secret recipe that he defines  and improves season after season.


Les Voyages

KVA : J’ai pris l’habitude de partir de Paris après les défilés. Je m’oblige à le faire pour quitter les gens de mode, quitter les journalistes, les revues de presse, et quitter mon bureau. Tout cela pour pouvoir me vider la tête, mettre un point final à la saison. Je le fais aussi pour ne pas trop m’habituer à considérer cette ville comme le centre du monde. Se retrouver tout à coup à Los Angeles ou ailleurs oblige à se rendre compte que les habitudes vestimentaires sont complètement différentes, le climat n’est pas le même, le rythme de vie également… Cela génère chez moi une autre joie de vivre qui me permet de mettre les choses à plat, d’analyser la saison, ce qui a été positif, ce que je peux améliorer. Pouvoir me balader dans la rue, faire des librairies, des recherches tout en me promenant lance également la saison suivante.

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Les Vacances

J’adore l’idée de ne rien faire. Je voyage la plupart du temps avec mon ami, nous avons ensemble un vrai discours créatif, et je dois dire que, très souvent, les meilleurs idées naissent les pieds dans une piscine. C’est un grand cliché mais le fait de regarder dans le vide, de n’avoir rien à faire permet de vraiment évaluer ce que l’on peut améliorer.

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Buenos Aires

Cette ville m’a beaucoup inspiré, mais c’était très lié à une frustration que j’avais avec la mode parisienne, où la « trashitude » était devenue le max du hype. Je n’ai jamais compris ce côté « héroïne chic », je suis trop terre à terre pour ça… et me retrouver avec des castings où les mannequins avaient tous l’air plus malheureux et malsain les uns que les autres ne correspondait pas à mon idée de la mode. J’ai donc été obligé d’aller jusqu’à Buenos Aires pour trouver des garçons qui marchaient droit, les épaules en arrière, et qui vous regardent avec cette fierté d’être beau. Ce qui était totalement à l’inverse des castings parisiens. Mais cette époque est aujourd’hui révolue: le changement est arrivé par la femme, où l’on s’est remis à voir des mannequins plus féminines, l’homme a suivi. Je suis donc moins obligé d’aller aussi loin pour trouver de beaux garçons…

Travels

KVA: I have got used to leave Paris after the fashion week. I oblige myself to do it in order to leave the fashion society, journalists, press reviews, and my office. All of that to be able to empty my mind and make a final point of the season. I also do it in order to not to get used too much to considering this city as a center of fashion. Finding myself suddenly in Los Angeles or elsewhere let me realize that clothing habits are completely different; the climate is not the same, and so is the rhythm of life… This generates in me another joy of life that enables me to reconsider things, analyze the season, see what was positive, what I can ameliorate…Being capable of walking around the streets, going to the bookstores, doing the researches launches the next season as well.

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Vacations

I love the idea of doing nothing. I travel mostly with my boyfriend; we have together a real creative exchange. And I have to say that very often the best ideas are born while you are in a swimming pool, it’s a big cliché but the fact of looking at the emptiness, having nothing to do let really evaluate what can be ameliorated.

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Buenos Aires

This city inspired me a lot, but it was very much connected to the frustration I had about the Parisian fashion, where being trashy had become the ultimate point of coolness. I have never understood this wave of “heroin chic”, I am way too down to earth for this… and being in the castings, where all the boys seemed to be unhappier and unhealthier one more than another did not correspond to my vision of fashion at all. I was then obliged to go all the way to Buenos Aires to find boys who walked straight, with their shoulders back and a proud look in their eyes of being beautiful, what was completely opposite to Parisian castings. However, this period has gone, the changes arrived in womenswear, where we started seeing more feminine models, and then menswear took its turn. Thus, now I am less obliged to go that far in order to find beautiful boys.